Compter Pour De La Marocaine

Cet imaginaire a laissé des traces. Une fascination pour les « algériennes » (j'imagine qu'on parle ici de la fascination des Métropolitain « de souche » - et si on accepte le mot « marocaine » tandis il faut aussi accepter cette expression), elle s'inscrit dans le récit de la colonisation et dans le fantasme sur une forme d'altérité. Il y a des choses que je pourrais faire avec une « femme arabe » que je ne pourrais pas faire avec une Alsacienne ou une Armoricaine, étant donné qu'elles-mêmes sont moins sensuelles, plus coincées.

À Tunis, la manifestation organisée par ADAM mêle tables rondes et interventions artistiques. Sur l'avenue Bourguiba se produit un groupe de Taïfa, musiciens noirs venus du sud du pays. Après la prestation, les militants sont pris à partie par une demi-douzaine de Tunisiens dits purs”, visiblement offensés : Il n'y a pas de racisme en Tunisie ! Où vois-tu la discrimination ? Vous divisez la Tunisie !”. C'est le déni endémique, que dénoncent inlassablement les antiracistes tunisiens. Dans la cohue, quand Sofiene, jurisconsulte et membre d'ADAM, est apostrophé directement en métropolitain - Quel est le problème ?” -, il répond en arabe, d'un ton las : C'est ça le son dernier blog problème !”. Il est tunisien et, vu qu'il est noir, on s'adresse à lui comme à un étranger.

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